 | DOMINICAINS | | NICE, COTE D'AZUR, CORSE |
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Frère André PONCET, op
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Voici un texte du frère André PONCET à propos de la mort publié dans le "Bulletin du Rosaire", dont il était le directeur :
Un exode pascal (Extrait du Bulletin du Rosaire Nice – N° 627 d’avril 2007)
" Le jour de Pâques, il nous est possible de discerner mieux encore notre capacité d’espérer et de communiquer cette espérance à tous les hommes ; ce jour-là, tout chrétien proclame la victoire de la vie sur la mort, parce que Jésus le Messie est ressuscité de la mort, afin d’être le Vivant pour toujours : celui qui étant homme comme nous, chair comme nous sommes chair, qui est né et a vécu parmi nous, qui a été crucifié et a été enseveli, celui-là même est ressuscité ! O mort, où est ta victoire ? Oui, cette mort est devenue un passage, l’heure de l’exode de la vie terrestre à la vie éternelle, de ce monde au Royaume de Dieu.
La mort inspire la peur et l’angoisse. Et l’angoisse peut tout défigurer dans notre vie ; elle peut engendrer la méconnaissance de l’autre, la rivalité, la violence. Elle porte atteinte à la plénitude des relations et de la vie. C’est cette mort contre laquelle Jésus a lutté jusqu’à remporter la victoire : « Par la mort, il a vaincu la mort » chante la liturgie. Toute la vie est une lutte contre la mort qui nous habite et contre les pulsions de mort qui nous attirent.
Les hommes attendent, ils cherchent avec fatigue, et parfois par des chemins égarés, la bonne nouvelle de la vie plus forte que la mort, la bonne nouvelle de l’amour plus fort que la haine et la violence. Le Christ ressuscité et vivant pour toujours et la vraie réponse. Au matin de la Résurrection, ce message nous parvient du tombeau vide : « N’ayez pas peur, ne soyez pas dans l’angoisse ; le Crucifié est ressuscité et il vous précède ! »
Vivons alors la Résurrection dans notre propre histoire, dans l’aujourd’hui de l’Eglise et du monde : de telle sorte que la foi pascale devienne efficacité ici et maintenant ! "
Vous pouvez aussi visionner la vidéo d'une homélie du carême dernier en cliquant sur
Video de la prédication
Une image mortuaire a été imprimée. Vous pouvez nous la demander à michel.mathieu@dominicains.com.
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Nous donnons ci-après le texte de l'homélie prononcée par le fr. Régis BRON, op, au cours de l'eucharistie de funérailles :
« Bonne Nouvelle, oui, pour deux disciples de Jésus qui marchaient dans la peine, le surlendemain de la mort tragique de leur Maître. A Emmaüs, il y a Cléophas et une autre personne : prenons la place de celle-ci, tout près du Christ.
Souvenons-nous des profonds moments partagés avec Frère André Poncet – le guide et un témoin du Dieu vivant – ; souffrons aujourd’hui de son absence et rencontrons le Christ Sauveur dans l’espérance réconfortée. Ainsi, nous discernons la silhouette de Frère André, progressant sur la route de Vie victorieuse.
Notre parent ou ami était un pèlerin passionné ; il communiquait sa recherche et sa foi. Alors, essayons de refaire quelques pas dans l’élan de chaque étape de sa route.
Sa vie familiale, je ne puis la décrire, même si j’ai apprécié ses proches en telle ou telle rencontre. Par contre, nous avons pu saisir la place que la famille avait dans le cœur de Frère André : il vivait pour elle une affection et une responsabilité à un degré très intense.
Né en 1929, ce jeune d’Aix-en-Provence entre à 21 ans au Noviciat des Frères Prêcheurs. Le Frère Martin DZURILLA, dévoué membre de ce couvent de Nice, pourrait vous raconter la prise d’habit en 1950 à Saint-Maximin, puis la profession religieuse d’André un an plus tard au même lieu. La formation à Saint-Maximin puis Toulouse fait d’André un homme d’étude, de prière et de vraie fraternité. Jeune prêtre, il est allé expérimenter à Paris l’activité pastorale pendant un an.
En 1962 commence sa période montpelliéraine, qui va durer une dizaine d’années. Chantre, animateur de belles messes en français pendant que le Concile approfondit et déploie la vie de l’Eglise, Frère André se partage avec bonheur entre sa communauté dominicaine et l’aumônerie des étudiants en Sciences. De cela, je suis témoin personnel, mais pas le seul. Au Carême 1964, il fait progresser ma foi de façon décisive. Il construit un local d’aumônerie et d’accueil - « Alpha » - au bord du nouveau campus et il réunit jeunes et professeurs. Ses catéchèses et les célébrations nous mettent dans les pas de Jésus. Très informé, et sensible aux holocaustes et injustices du XX° siècle, il ne reste pas bras croisés. Dans un pèlerinage étudiant, il nous fait vibrer par un montage présentant les souffrances et l’espérance de Job et de tant d’hommes, à la lumière des vitraux et peintures de Rouault. Le Frère André n’est pas un gourou, mais il nous propose la prière du pèlerin russe, Luther King et Bonhöffer… Il est un pionnier d’œcuménisme. Il organise des camps, des voyages franco-allemands pour bâtir une Europe de paix. En Cévennes, il ouvre puis anime une maison « Rencontres à Molières ». Avec d’autres frères, il développe le Centre de conférences des Dominicains où sont présentées les questions de la société, de la foi et du tiers-monde.
De 1964 à 1970, le regretté Père Salvetti est prieur de ce couvent de Montpellier. Pendant quelques temps, le Frère André Poncet rend service à la Maison de la Sainte-Baume.
Sa passion pour le Dieu des peuples d’Orient est plus forte et le conduit à se former à l’Ecole du Louvre : il explore des siècles d’art religieux. Assigné au couvent parisien de Saint-Jacques, il sera à Paris de 1972 à 1987. Il participe activement à l’aumônerie d’étudiants en musique puis à celle des artistes du spectacle. Il devient davantage pèlerin, sur les chemins de l’Asie proche et centrale, puis est nommé responsable culturel des voyages « La Procure ».
En 1987, il devient membre de ce couvent de Nice. Il continue à organiser pèlerinages et voyages dans les civilisations d’Orient. Puis il prend le Direction régionale du Rosaire et donc du Pèlerinage d’octobre à Lourdes. A l’UNIA (Université Nice Inter Ages) ou ici, dans le cadre du couvent, il déploie ses qualités de conférencier. L’esthétique pour lui n’est pas un but, ni la science. Mais quand l’art exprime les racines de notre vie humaine, il nous permet de grandir, de rencontrer vraiment les autres et de rechercher encore la présence du Dieu Sauveur.
Avons-nous assez écouté Frère André ? Cette année, un violent cancer l’a bouleversé et vient d’emporter son corps. Mais ce qu’il a semé pousse et fructifiera encore dans les cœurs : à l’étranger, en France et dans notre Sud-Est. Tant de prêtres, religieux et laïcs n’oublieront pas sa prédication et son amitié, surtout dans les hauts lieux de la Vierge Marie (Nice, Laghet, Le Laus, Boscodon, etc…).
Comme dans la 1ère Lecture, comme Job, le Frère André Poncet a subi les épreuves, mais il se tournait surtout vers le Ressuscité : « Je sais que mon Libérateur est vivant… et qu’Il surgira sur la poussière… Dans ma chair, je contemplerai Dieu ».
Ce Sauveur attendu et promis, c’est Jésus. Il est tellement homme et fils fidèle qu’Il dénonce les spiritualités de pacotille. On l’a crucifié. Il ressuscite, Il marche avec nous, Il explique et renoue la tradition, les Ecritures. Il fait éclater une Vie nouvelle et sa lumière joyeuse, Il partage son corps et le confie aux disciples. Il s’efface mais envoie l’Esprit Saint, depuis deux millénaires.
Frère André nous a guidés pour connaître la grande caravane des témoins. Et il nous laisse surtout la force de son propre témoignage.
Que Dieu accueille son âme, et bientôt son corps régénéré.
Et à nous de relayer Frère André sur terre, pour des étapes suivantes, parmi les hommes". |
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